Je suis super optimiste. Pas vous?

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Je l’avoue, je n’ai jamais autant rencontré de personnes à Wine Paris / Vinexpo que durant cette édition 2026. Alors oui, on a parlé de NoLo, d’intelligence artificielle, des nouvelles générations et de l’Inde, mais il y a une chose qui m’a frappé : l’optimisme des gens.

Tous font face à cette période difficile dans l’industrie du vin, mais sans se lamenter, toujours en arrivant avec des idées et en cherchant des solutions. Je n’ai pas vu de pleurnicheurs, je n’ai vu que des gens avides de se projeter dans l’avenir avec optimisme et ambition. J’ai été d’autant plus étonné que la situation n’est pas simple pour beaucoup de domaines. En cette période de crise, on voit arriver ce que j’annonçais il y a 20 ans : il se creuse un fossé colossal entre ceux qui ont bâti des marques fortes et les autres.

Ceux qui ont tout misé uniquement sur la qualité de leur vin se retrouvent dans une impasse : ils font de bons vins, mais aujourd’hui il y en a partout dans le monde, et à tous les prix. Ceux qui ont tout misé sur la premiumisation de leur offre se retrouvent dans le ventre mou du marché : les consommateurs ne sont plus là, ils sont soit sur l’entrée de gamme, soit sur le très haut de gamme, le premium est réservé à ceux qui ont le « pricing power ». Ceux qui sont forts aujourd’hui sont ceux qui ont eu la vision de travailler à la fois la qualité, la premiumisation et leur(s) marque(s).

J’ai la chance de conseiller beaucoup de grands noms du vin dans le monde. Ceux-ci n’ont jamais autant attiré l’attention et créé de désirabilité qu’actuellement. Quand je vois le succès incroyable de la soirée Primum Familiae Vini au Grand Palais durant cette édition de Wine Paris 2026, nous percevons bien la force des marques et leur attraction. À la manière d’Hermès ou d’autres noms tout aussi prestigieux, le très haut de gamme dans le vin – qui a compris l’importance de la vision stratégique de la marque – est en train de prendre une nouvelle dimension qui le rendra encore plus fort à la sortie de cette crise. C’est un phénomène que je vois notamment dans le monde des cosmétiques et des cigares ; il est équivalent et il semble finalement assez logique qu’on le retrouve dans le monde du vin.

Plein de nouveaux projets m’ont été présentés durant Wine Paris 2026, plein de nouvelles idées qui vont bien au-delà du vin : de nouvelles expériences, de nouvelles ambitions, de nouveaux talents. Certes, nombreux sont ces projets qui ne traverseront pas les prochaines années, mais parmi tous ceux-ci, nous tenons là ce qui donnera le nouveau paysage mondial du vin. Ces nouveaux projets sont tous là pour mieux faire vivre les marques, pour les nourrir et les rendre toujours plus désirables. Vega Sicilia, Sassicaia ou Beaucastel n’ont jamais été aussi désirables qu’aujourd’hui, et ce n’est pas un hasard.

En réalité, tout le monde se pose des questions car l’avenir du vin est incertain. Ceux qui sauront prendre leur avenir en main (et ils sont nombreux au vu de toutes les discussions que j’ai eues de stand en stand) verront leurs chances de sortir plus forts de cette crise dans quelques années. Les autres ne connaîtront pas la chance de savoir ce que le pouvoir de la marque signifie, et notamment ce que l’on appelle le « pricing power ». Ils seront dépendants d’un marché qui leur imposera les règles. Tout cela, très souvent, uniquement par manque de vision. C’est la vie !

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