Il est des nouvelles qui ne se contentent pas d’informer: elles couronnent. Cette semaine, la famille Lafage a reçu le titre de « Domaine de l’Année » du Guide Bettane et Desseauve 2027. On pourrait s’arrêter là, saluer poliment, refermer le dossier. Mais il y a des consécrations qui méritent qu’on en éclaire la genèse, tant elles disent quelque chose de plus vaste que la seule réussite d’une propriété viticole: elles disent ce qu’il faut, aujourd’hui, pour bâtir une marque qui traverse le temps sans jamais s’y figer.
Cela fait exactement cinq ans que VitaBella accompagne la famille Lafage et ses équipes sur leur stratégie de marque. Cinq ans, ce n’est ni un sprint ni une éternité: c’est la durée exacte qu’il faut à une vision pour cesser d’être une intention et devenir une évidence. Ce prix n’est donc pas un aboutissement, c’est un jalon — un milestone, diraient les tableaux de pilotage — sur une trajectoire qui, elle, ne s’arrête pas.
Ce que cette reconnaissance nous enseigne
On ne construit pas une marque forte avec de bonnes intentions. On la construit avec des équipes qui refusent la facilité, une vision de long terme sans laquelle rien ne s’ancre jamais, une exigence de qualité qui ne se satisfait jamais d’elle-même, un regard neuf capable de faire basculer un domaine respecté vers une marque désirée — et surtout, une ambition qui refuse de se nourrir du seul discours de la crise permanente et du lendemain plus difficile qu’aujourd’hui.
C’est très exactement ce que Lafage incarne. Niché au fin fond du Roussillon — une géographie qui, ailleurs, aurait pu être un prétexte à la discrétion — le domaine a choisi l’audace comme méthode. Il fallait oser une campagne aussi frontale et joyeuse que « Miraflors, j’adore! » en 2026. Il fallait oser engager la viticulture régénérative. Il fallait oser des vins low-alcohol, comme La Fabuleuse à 9°, là où la tentation du confort aurait suffi. Il fallait, enfin, oser préserver un patrimoine entier — celui des vins de Banyuls et Collioure — avec la récente acquisition du GICB qui relève autant de la stratégie que de la fidélité à une histoire, à une culture et à la transmission familiale.
L’audace comme grammaire de marque
Ce qui frappe, dans cette accumulation d’initiatives, ce n’est pas leur nombre: c’est leur cohérence. Chacune aurait pu être un coup isolé, un effet de communication. Ensemble, elles dessinent une grammaire: celle d’une maison familiale qui a compris que le terroir ne suffit plus à faire une marque, qu’il faut aussi le courage de le raconter autrement, de le faire vivre au présent plutôt que de le conserver au passé.
Cinq ans après le premier jour de travail commun, ce titre de Domaine de l’Année n’est donc pas une surprise: c’est une confirmation. Et si je peux me permettre une confidence, c’est aussi une promesse — car je connais déjà la suite, et elle ne manquera pas, une fois encore, de nous surprendre. Bravo à toute l’équipe Lafage, vous êtes au top!
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